Dans le cadre impressionnant du 4e festival de philosophie, qui s’est déroulé du 25 au 28 septembre 2008, j’ai été invité pour présenter la question de la rhétorique populiste et des appels à la peur. J’en ai profité pour faire un point plus technique sur la question de l’émotion et de la raison. Destinée à un grand public, même si le propos peut apparaître finalement assez dense, la conférence s’est portée sur une cible assez facile : une interview récente d’Oskar Freysinger, mais aussi, pour contrebalancer le discours assez délirant du trublion valaisan, tous les communiqués UDC du mois d’août. Ce qui ne vet pas dire que d’autres partis ne recourent pas à l’appel à la peur, voire au populisme…
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Ce texte a été publié dans le journal suisse Le Temps, le 12 novembre 2007 :
Thierry Herman, maître-assistant en sciences de l’information et de la communication de l’Université de Neuchâtel, estime que le rôle de l’éducation est crucial face au marketing politique.
Plaidoyer pour la pensée critique, supplique pour la rhétorique
Ce n’est guère une surprise au lendemain du 21 octobre, sondages et journalistes en étaient d’ailleurs convaincus avant même la confirmation par les urnes, l’UDC n’a pas cédé un pouce de terrain dans le combat territorial que le parti inflige à ses adversaires. L’Union démocratique dite du centre, montée sur des ressorts populistes qui ne sont plus à prouver, a triomphé malgré les vitupérations des uns et les vociférations des autres.
On peut évidemment se lamenter; on peut encore pester contre la victoire de la provocation. Mais à quoi bon? Ueli Maurer, en disant que l’UDC a un programme alors que les autres partis sont anti-UDC, savait parfaitement ce que les autres partis gouvernementaux n’ont pas voulu voir: parler ou agir contre l’UDC, c’est toujours parler d’elle. Et tout publicitaire un peu futé sait que cela est bon pour les affaires.
On peut aussi interroger la responsabilité des médias. Leur rôle moteur dans la diffusion des idées populistes n’est sans doute pas à négliger, mais faire des médias la seule victime sacrificielle, c’est occulter le fait que le problème est bien plus profond.


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