07 Oct

Le populisme larvé des salaires exhibés

J’apprécie énormément le blog de Piques et Répliques. Dani fait un travail remarquable de relevé des problèmes, mais aussi des points forts de la presse contemporaine. Il tombe sur le râble des journaux gratuits assez souvent, mais l’attaque n’est jamais gratuite, elle. Elle est au contraire religieusement documentée, décrite. Comment parle-t-on de la Finlande dans un journal gratuit? Il trie deux ans d’articles sur le sujet et en sort les éléments pertinents. De quoi parle-t-on dans la rubrique Economie ? Il récolte les titres sur deux semaines et nous laisse juger. A l’inverse de bien des intellectuels ou autres experts qui livrent des analyses très générales fondées sur des impressions – travers dans lequel je suis parfois tombé, souvent sous pression des médias – Dani commence par décrire en toute impartialité, par mettre les faits sur la table.

Dans son dernier billet, celui sur la rubrique Economie, il a relevé des titres tous intéressants  à divers titres (aucun par exemple qui expliquerait par le menu les enjeux et les causes de la crise boursière), mais certains montrent des récurrences étonnantes. Je cite:

– En une année, Bill Gates a perdu 6,3 milliards (Bill Gates chantant avec une guitare)

– Daniel Vasella gagne 82111 francs par jour ! (3 patrons souriants)

– Grâce à Titeuf, Zep s’est offert une propriété de 13, 2 millions de francs au coeur de Genève (La propriété)

– Combien gagne Bertrand Delanoë (Photo de l’intéressé)

– En 2007, leurs parfums ont rapporté 600’000 francs par jour aux Beckham (Les époux Beckham)

– Les patrons des sociétés de la Bourse suisse gagnent en moyenne 25’750 francs par jour

Nous avons donc 6 titres sur 14 jours qui portent sur les salaires ou la fortune des stars ou des patrons. Cette fréquence me semble si élevée qu’il peut difficilement s’agir de coïncidences. C’est donc que le sujet est considéré comme interpellant – ce qui est d’autant plus remarquable que la Suisse est connue pour le tabou sur l’argent. Demandez à votre voisin le salaire qu’il a et il y a de fortes chances qu’il vous regarde de travers. A part Gates qui voit sa fortune s’effondrer, il s’agit plutôt de donner le tournis avec des chiffres qui sont très souvent présentés en termes journaliers. A quoi cela sert? A qui profite l’exhibition de tels chiffres? Lire la suite

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01 Sep

Etudes sur la presse gratuite

La presse gratuite n’est pas une évolution de la presse quotidienne, mais bien une révolution. Dans le sens où le mur entre publicité et rédaction est poreux sinon brisé, où le journal n’est plus un instrument civique ou démocratique, mais un produit et, de manière corollaire, le lecteur, un client. L’image, mais plus encore, la fonction du journalisme dans une société démocratique est changée. Est-ce à craindre ou à louer? Ce que l’on perd – de la substance, un rôle de chien de garde – me semble plus important que ce que l’on gagne – des journaux plus attractifs, plus vite lus, plus jeunes et plus émotionnels, capables d’occuper le temps dans les trains. Encore est-il possible de compenser – par exemple en étant double lecteur. Qu’on aime et qu’on n’aime pas, ce type récent de presse secoue le cocotier et nous oblige à réfléchir ou à réagir. Avec une équipe d’étudiants, nous avons pris le temps d’y réfléchir et de proposer un première série d’études sur le cas romand. C’est à lire ici.

L’émission Médialogues (RSR), s’est penchée sur ces travaux mercredi 3 septembre 2008. Le podcast de l’émission est téléchargeable ici.

08 Avr

Un article de complaisance

Analyse d’un article « consommation » d’un journal gratuit à paraître dans Thierry Herman, « L’analyse rhétorique des discours »

L’INCONTOURNABLE
Tu les as vues, mes chaussures?

Un matin. Déjà en retard pour aller au bureau comme d’habitude. Devant soi, la pile de boîtes de chaussures et impossible de se souvenir dans laquelle on a bien pu ranger ces maudits escarpins qu’on veut absolument porter aujourd’hui. Le temps passe, les couvercles des boîtes volent à travers la pièce.

Trouver sa paire de chaussures rapidement et efficacement, voilà le défi relevé par une Anglaise passionnée de chaussures, qui, en 2001, crée la ClearBox, une série de boîtes transparentes et colorées. Souvent imitée, jamais égalée, la ClearBox est désormais accessible à toute Romande adepte de la chaussure-mania. Et comme une bonne chose n’arrive jamais seule, la société, qui distribue uniquement par Internet, a également prévu des boîtes de rangement translucides pour des vêtements, des jouets, des sacs, ou tout ce qu’il faut trouver sans perdre la tête.

Signature de l’auteur

ClearBox, 8 modèles,Prix: de 6 fr. 90 (support à bottes) à 79 fr. 90 (paquet de 10 boîtes). Sur www.theclearbox.ch

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