30 Sep

Peut-on faire du populaire de qualité? A propos du Matin nouveau

Je l’avoue, la lecture, dans Le Matin dimanche, de l’interview de la première rédactrice en chef d’un journal romand, Ariane Dayer, me faisait craindre le pire. A la lecture du premier numéro sous sa responsabilité et avec le nouvel habillage du Matin orange, l’ouragan qui s’annonçait à été rétrogradé en petite tempête.

Dimanche, Ariane Dayer confiait qu’elle aimerait pour sa première édition « un fait divers suisse mais sous le biais d’un témoignage fort ». Quant au people, ses propos étaient pour le moins clairs: « Mais je lis le people! Mon intention n’est pas de rhabiller les femmes. Nous sommes toutes obsédées, aujourd’hui, par notre sphère intime. Le people nous permet de nous projeter: est-elle mieux foutue que moi? ». Au lieu de chercher à combattre ce qui est décrit comme une obsession (a priori malsaine), elle veut l’entretenir, la développer.

On ne scie pas la branche sur laquelle on vient de s’asseoir et il est certain qu’Ariane Dayer n’allait pas pouvoir changer l’essence même du journal populaire – faits divers, people, sexe, sport sous l’angle humain. On ne peut pas demander au Matin de devenir le Temps. Mais ce qui m’inquiétait vraiment dans son propos, c’était l’idée qu’on allait refaire toujours plus de la même chose plutôt que faire autre chose. Aussi ai-je acheté le Matin nouvelle formule avec les épaules empreintes de lassitude résignée. Quand j’ai dû sortir 2 francs 20 tout en voyant cette Une désastreuse, j’ai failli laisser tomber. Et acheter un chocolat pour ses vertus anti-dépressives. Lire la suite

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14 Sep

Finance islamique: tapis rouge pour la peur

En page 10 du Matin dimanche du 14 septembre, on trouve le titre d’une interview-choc: « Les Suisses vont financer le terrorisme avec leurs économies« . L’interviewé: l’inévitable Oskar Freysinger. L’interview appelle une double analyse: celle du discours de l’UDC, celle du traitement journalistique de l’information.

Les propos d’Oskar Freysinger

Le journaliste du Matin avait sorti la veille un papier sur la finance islamique. En gros, il y a au Moyen-Orient des énormes moyens et un énorme marché pour proposer des produits financiers compatibles avec l’islam : pas de spéculation, pas d’intérêts. L’UBS met le paquet sur ce marché qui est à l’opposé des subprime. Cela pose évidemment des questions éthiques, dont le monde de l’argent ne se préoccupe guère. Et qui ne sont guère fouillées par les journaux qui ont parlé de cette finance islamique (La Liberté, Le Matin).

Dans le chapeau de l’article, on retient deux propos d’Oskar Freysinger « les Suisses vont financer le terrorisme d’Al-Qaïda » et « les mollahs dicteront à l’avenir notre mode de vie ». Houlà, vous avez l’impression qu’on brûle les étapes? Moi aussi. Lire la suite