09 Sep

Suisse-Libye: sémantique des otages, pragmatique de la promesse et communication en temps de crise

De mémoire d’homme, on n’a jamais vu la diplomatie suisse aussi malmenée dans une tempête médiatico-politique qui semble échapper à tout contrôle, se livrer à toutes les rumeurs pour remplir le vide du silence radio des politiques. L’affaire Thomas Borer n’était que de la roupie de sansonnet. En tant que linguiste, journaliste et homme de communication, trois éléments au moins m’interpellent: la sémantique du mot otage, la lecture d’une probabilité comme d’une promesse et le choix du silence en communication de crise.

La Libye, en guise de représailles par rapport à l’arrestation aussi ferme que justifiée du fils du colonel Khadafi à Genève, retient selon toute évidence deux hommes, brièvement arrêtés, avant d’être libres de circuler en Libye. Ces hommes ne peuvent pas quitter le pays en raison d’une supposée infraction aux lois sur l’immigration libyennes. Curieusement, ces hommes n’ont pas fait le centre de l’actualité pendant des mois: pas de Marcel Carton ni de Florence Aubenas surmédiatisés en terre helvétique. Il faut dire qu’ils sont libres de leurs mouvements, que personne ne craint pour leur vie et que leurs familles en Suisse se terrent dans le silence de plomb. Plus même, si on en croit la Tribune de Genève du jour, un des deux Suisses serait un proche du pouvoir en Libye et aurait même pu quitter le pays pour des vacances en famille en Tunisie ! Lire la suite

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23 Sep

Une image de Merz

Le président de la Confédération n’apprécie guère les médias, c’est bien connu. Alors que son collègue gouvernemental et collègue de parti Hans-Rudolf Merz vient d’être frappé d’un accident cardio-vasculaire, Pascal Couchepin a tancé les médias qui ont publié une photo du ministre dans sa civière à son arrivée à l’hôpital de Berne. «C’est un nouveau pas dans la dégradation du respect de la personne» a-t-il notamment déclaré. Faut-il lui donner raison ? Je ne suis pas un spécialiste de l’éthique des médias, mais la question mérite quelque examen.

On a appris que les photos n’ont pas été volées. Un accord avait été donné aux photographes quand bien même la sortie de l’hélicoptère et le chemin vers les urgences sont des espaces privés, où le public est d’ordinaire interdit. En revanche, protection de la personnalité oblige, le visage n’aurait pas dû être reconnaissable. Ce qui n’a pas été le cas partout. Lire la suite