01 Oct

Primes-maladie: de l’art de faire avaler une pilule

Un ressort efficace: crainte puis soulagement

Chaque année, c’est la même rengaine: selon les premières estimations, les primes d’assurance-maladie des Suisses vont augmenter de 14%, de 11%, de 8,5%. Des chiffres impressionnants, d’autant qu’ils s’inscrivent dans une certaine continuité:

1996: +8,7% (188 francs)
1997: +8,7% (188 francs)
1998: +4,9% (197 francs)
1999: +3,3% (204 francs)
2000: +3,8% (212 francs)
2001: +5,5% (223 francs)
2002: +9,7% (245 francs)
2003: +9,6% (269 francs)
2004: +4,3% (280 francs)
2005: +3,7% (290 francs)
2006: +5,6% (306 francs)
2007: +2,2% (313 francs)
2008: +0,5% (315 francs)
2009: +2,6% (323 francs)
2010: +8,7% (351 francs)
2011: +6,5% (373 francs)

Le jour de l’annonce officielle cependant, le chiffre se dégonfle. En 2011, une hausse moyenne de 6,5% alors qu’on annonçait 8% le 23 septembre et 11% au début du mois… Pour les primes 2010, c’est la Confédération elle-même qui annonçait des hausses de 14% (au final, 8,7%).

En psychologie, il existe une stratégie d’influence que l’on appelle le « crainte-puis-soulagement ». En somme, il s’agit de faire très peur afin de faire mieux accepter quelque chose une fois que l’on est soulagé. Autrement dit, annoncez 11% de hausse et 6,5% vous paraîtront acceptables dans le soulagement d’avoir échappé à pire. Ne dites jamais 4% de hausse avant d’annoncer 6,5% sous peine de voir de virulentes protestations et des scandales devant la hausse incontrôlée des primes. Au final, c’est de toute manière vous qui passez à la caisse tout pareil…

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