Analyses

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Il est assez rare que l’on parle de rhétorique dans les médias pour ne pas manquer l’occasion de saisir la balle au bond. Dans le box des accusés, la cheffe helvétique des Affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey. Elle plaide non coupable de s’être dit prête à s’asseoir à la table de Ben Laden. Elle renvoie l’accusation à l’AFP qui  n’a pas compris que la question posée était rhétorique. L’affaire fait grand bruit. Essayons d’y voir plus clair. D’abord les pièces à conviction. Pièce 1 : le discours de Micheline Calmy-Rey à la conférence des ambassadeurs (extrait) :

Aujourd’hui, les moralistes ont la part belle: à suivre leurs conseils, Israël n’aurait jamais entamé le dialogue avec les Palestiniens, le roi du Népal avec les maoïstes, le gouvernement colombien avec les FARC ; aucun canal de communication ne se serait ouvert entre le gouvernement sri lankais et les LTTE ; le secrétaire général de l’ONU n’adresserait pas la parole au président soudanais. La communauté internationale se contenterait d’arroser de sanctions et de bombes la Corée du Nord, le Myanmar, l’Iran, le Zimbabwe, le Hamas, le Hezbollah, les chiites radicaux d’Irak, la LRA du nord de l’Ouganda et quelques autres encore. Et bien sûr, elle aurait boycotté les Jeux olympiques.
Alors, faut-il écouter ces bien-pensants? Ou alors rechercher le dialogue sans discrimination – quitte à s’asseoir à la table d’Oussama Ben Laden? Que faire lorsque des personnes, des groupements ou des États violent le droit international et ses principes ? Qui va-t-on appeler terroriste, qui combattant de la liberté ? Quels sont les moyens légitimes de l’action politique, lesquels faut-il proscrire ? Toutes ces questions sont incontournables, et la Suisse se doit de les poser, comme tout autre pays.

Pièce 2 : la dépêche AFP :

La ministre suisse des Affaires étrangères prête “à s’asseoir à la table de Ben Laden.” La ministre suisse des Affaires étrangères Micehline Calmy-Rey s’est déclarée lundi “prête à s’asseoir à la table du dirigeant d’Al-Qaïda, Oussama ben Laden”, pour engager un dialogue. Devant les ambassadeurs suisses réunis à Berne, Mme Calmy-Rey a appelé à discuter avec “les acteurs politiques de poids” sur la scène internationale, même lorsqu’ils sont considérés comme infréquentables par certains. “Quitte à s’asseoir à la table du dirigeant d’Al-Qaïda Ben Laden”.

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Une des déclinaisons de cette intéressante campagne

L’aéroport de Gatwick est laid comme un aéroport, mais décoré de multiples publicités HSBC qui sont de vraies réussites sur le plan de la composition. Une oeuvre de Marcel Duchamp est barré d’un “rubbish” tandis qu’un graffiti est barré du mot art. Puis l’inverse. Cette publicité en forme de chiasme déclinée dans le monde et dans la plupart des aéroports est une des illustrations de la campagne “point of view” de la banque. Mettant en scène la diversité des goûts et des couleurs, la banque propose au fond une image assez relativiste du monde qui met en exergue d’une part la tendance à la classification évaluative entre un pôle haut (art) et un pôle bas (déchet) et d’autre part l’absence de vérité de ce système classificatoire lequel dépend essentiellement d’un point de vue. On pourrait interroger ici l’absence de l’argument justifiant telle ou telle opinion. Dire c’est de l’art ou de la merde repose en effet sur effet d’évidence sans autre forme de justification…

De manière amusante, j’ai visualisé cette publicité dans une file pour entrer dans un avion lorsque j’ai entendu derrière moi une personne la commentant à une autre : “T’as vu ces pubs HSBC ? Je les trouve mortelles !”. Aucune autre justification ne fut donnée et je ne sais même pas si cette personne voulait dire par là que c’était “trop bien” ou “ennuyeux à mourir”. N’y a-t-il que des points de vue et plus d’arguments ?

Extrait du Temps du 24 octobre 2005 :

On peut certes reprocher à Patty Schnyder une certaine maladresse dans ses déclarations, son caractère parfois lymphatique sur le court ou le manque d’encadrement véritablement professionnel – elle est coachée par son mari Rainer Hofmann qui n’est pas un spécialiste de tennis – mais force est de reconnaître qu’elle obtient malgré tout des résultats remarquables.

Les linguistes ont depuis longemps montré qu’il existe deux MAIS en français. Le premier est concessif : ce qui suit le mais est l’opposé de la conséquence atendue par ce qui précède le mais. Ici, on peut prendre “son caractère lympahtique sur le court” comme argument en faveur d’une conclusion qui peut être l’inverse de ce qui suit le MAIS, c’est-à-dire “elle n’obtient pas de résultats remarquables”. Si on prend “le manque d’encadrement véritablement professionnel”, cela colle aussi parfaitement bien.

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Analyse d’un article “consommation” d’un journal gratuit à paraître dans Thierry Herman, “L’analyse rhétorique des discours”

L’INCONTOURNABLE
Tu les as vues, mes chaussures?

Un matin. Déjà en retard pour aller au bureau comme d’habitude. Devant soi, la pile de boîtes de chaussures et impossible de se souvenir dans laquelle on a bien pu ranger ces maudits escarpins qu’on veut absolument porter aujourd’hui. Le temps passe, les couvercles des boîtes volent à travers la pièce.

Trouver sa paire de chaussures rapidement et efficacement, voilà le défi relevé par une Anglaise passionnée de chaussures, qui, en 2001, crée la ClearBox, une série de boîtes transparentes et colorées. Souvent imitée, jamais égalée, la ClearBox est désormais accessible à toute Romande adepte de la chaussure-mania. Et comme une bonne chose n’arrive jamais seule, la société, qui distribue uniquement par Internet, a également prévu des boîtes de rangement translucides pour des vêtements, des jouets, des sacs, ou tout ce qu’il faut trouver sans perdre la tête.

Signature de l’auteur

ClearBox, 8 modèles,Prix: de 6 fr. 90 (support à bottes) à 79 fr. 90 (paquet de 10 boîtes). Sur www.theclearbox.ch

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