Comme je suis en vacances, je réécris mes cours de la rentrée. Ne cherchez pas la logique, il n’y en a pas. À propos, ce cours commence par reprendre quelques concepts élémentaires de la logique. J’utilise ceci :
“Les Suisses votent UDC” se glose comme “tous les Suisses votent UDC” ou “si tu es un Suisse, tu votes UDC”. Or, une inférence immédiate à cette proposition – par obversion pour ceux que ça intéresse – est “Aucun Suisse ne vote pas UDC”. Le problème, bien évidemment, est que la majorité des votants de ce pays ne vote pas UDC – les scores sont assez loin des 100% qu’on célèbre dans certaines dictatures.
Si on prend le syllogisme constitué de la prémisse “Tous les Suisses votent UDC” et de la prémisse “je suis suisse”, je devrais voter UDC. Par expérience, je peux dire que c’est rarement vrai. Quelque chose coince dans le mécanisme : Soit la prémisse “tous les Suisses votent UDC” est fausse, mais, franchement, on voit mal pourquoi afficher partout une telle contre-vérité, ce n’est pas le genre de la maison, non? Soit c’est la prémisse particulière “je suis suisse” qui est fausse. Damned, m’aurait-on refilé une fausse carte d’identité ? On comprend en fait qu’afficher un tel slogan conduit à considérer qu’”être suisse” n’est pas une question de carte d’identité, mais d’intégrer une communauté de valeurs et d’intérêts. Par conséquent, je ne suis pas Suisse.
Question: si on continue cette logique UDC, ne pas être suisse signifie-t-il être un mouton noir? Gasp.



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