octobre 2008

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Douglas Walton avec Chris Reed et Fabrizio Macagno viennent de sortir une espèce de bible des schèmes argumentatifs (65 schèmes décrits…). Cette vieille question de la typologie des arguments retrouve toute sa vigueur après le classement par Perelman en 1958 qui est sans cesse cité mais au fond assez rarement utilisé. Dans ce nouveau livre de Walton – qui consacre quasiment un livre par raisonnement douteux (paralogisme, sophisme, fallacies) – les premières pages frappent par une phrase qui serait une révolution copernicienne dans la pensée de l’argumentation vue par Walton. Je la cite en anglais car je ne suis pas certain de ma traduction:

The special advantage of the present book is that it builds on this previous research on fallacies, moving through the paradigm shift to the new idea of coping with the revolutionary notion that such “fallacies” are no longer fallacies.

Ma traduction:

L’avantage particulier de cet ouvrage est qu’il se construit à partir des anciennes recherches sur les sophismes en opérant un changement de paradigme pour une nouvelle idée; adopter la notion révolutionnaire que de tels sopismes ne sont dorénavant plus des sophismes.

Alors que la logique informelle ne jurait que par les sophismes – malgré l’approche nuancée de certains (Groarke et Tindale dans “Good Reasoning Matters”) -, ce serait en effet un brusque et bienvenu changement de paradigme dans la très normative – et un brin utopique – logique informelle. Mon angoisse est la suivante: ma traduction est-elle la bonne ? Si une bonne âme veut bien me confirmer cela en commentaire… Si une autre bonne âme vouliat bien m’expliquer les raisons de ce revirment,je serais preneur. Les auteurs d’Argumentation Schemes, ne semblent -  d’après ce que j’ai lu – pas très diserts sur cette idée révoltionnaire…

J’apprécie énormément le blog de Piques et Répliques. Dani fait un travail remarquable de relevé des problèmes, mais aussi des points forts de la presse contemporaine. Il tombe sur le râble des journaux gratuits assez souvent, mais l’attaque n’est jamais gratuite, elle. Elle est au contraire religieusement documentée, décrite. Comment parle-t-on de la Finlande dans un journal gratuit? Il trie deux ans d’articles sur le sujet et en sort les éléments pertinents. De quoi parle-t-on dans la rubrique Economie ? Il récolte les titres sur deux semaines et nous laisse juger. A l’inverse de bien des intellectuels ou autres experts qui livrent des analyses très générales fondées sur des impressions – travers dans lequel je suis parfois tombé, souvent sous pression des médias – Dani commence par décrire en toute impartialité, par mettre les faits sur la table.

Dans son dernier billet, celui sur la rubrique Economie, il a relevé des titres tous intéressants  à divers titres (aucun par exemple qui expliquerait par le menu les enjeux et les causes de la crise boursière), mais certains montrent des récurrences étonnantes. Je cite:

- En une année, Bill Gates a perdu 6,3 milliards (Bill Gates chantant avec une guitare)

- Daniel Vasella gagne 82111 francs par jour ! (3 patrons souriants)

- Grâce à Titeuf, Zep s’est offert une propriété de 13, 2 millions de francs au coeur de Genève (La propriété)

- Combien gagne Bertrand Delanoë (Photo de l’intéressé)

- En 2007, leurs parfums ont rapporté 600′000 francs par jour aux Beckham (Les époux Beckham)

- Les patrons des sociétés de la Bourse suisse gagnent en moyenne 25′750 francs par jour

Nous avons donc 6 titres sur 14 jours qui portent sur les salaires ou la fortune des stars ou des patrons. Cette fréquence me semble si élevée qu’il peut difficilement s’agir de coïncidences. C’est donc que le sujet est considéré comme interpellant – ce qui est d’autant plus remarquable que la Suisse est connue pour le tabou sur l’argent. Demandez à votre voisin le salaire qu’il a et il y a de fortes chances qu’il vous regarde de travers. A part Gates qui voit sa fortune s’effondrer, il s’agit plutôt de donner le tournis avec des chiffres qui sont très souvent présentés en termes journaliers. A quoi cela sert? A qui profite l’exhibition de tels chiffres? Lisez la suite »

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