mai 2008

Vous êtes en train de parcourir l'archive mensuelle pour mai 2008.

Aristote (commencer mon billet comme cela devrait faire fuir tous ceux qui espéraient voir autre chose – du cul pour le dire clairement), Aristote donc rejetait, comme le signale à plusieurs reprises Philippe Breton, la plaidoirie hors de la cause. Autrement dit, susciter l’adhésion par des voies qui sont détournées de l’objet dont on parle n’est pas une manière éthique de pratiquer de la rhétorique. Prendre la décision d’acheter une voiture ne doit pas se faire au Salon de l’Automobile à Genève à cause de l’accorte fille court vêtue qui vous ouvre la portière. Notez que l’on voit tellement facilement l’association bagnole – femme alanguie et peu vêtue que l’on peut se demander si cela ne finit pas par entrer dans la cause. Je connais des types qui estiment que certains modèles de voitures sont des “aspirateurs à nanas”… Bref.

On peut prendre un autre exemple, très habilement commenté sur ce blog par un “jeune sur le monde de l’électronique et de la nuit”. Je le cite longuement : Lisez la suite »

Temporalité et causalité sont proches voisins. L’effet de quelque chose ne peut avoir d’existence qu’après une cause. Mais le langage est trompeur. Lorsque l’on dit: “le directeur a démissionné à la suite de cette affaire”, personne ne va imaginer que la relation entre l’affaire et la démission est purement temporelle. L’affaire est donc la cause de la démission, même si formellement le langage ne présente qu’une succession d’événements. Quantité d’expressions temporelles peuvent ainsi être considérées comme des vecteurs de causalité. “Le cataclysme est survenu après le passage de la comète de Halley” ne signifie pas une simple relation descriptive et temporelle, même si le locuteur peut toujours se dédouaner de toute intention causale. Ce rapprochement entre temporalité et causalité est source d’erreurs de raisonnement d’autant plus possibles qu’elles sont naturelles. Mais si B suit A, B n’est pas forcément la conséquence de A. On appelle ce raisonnement trop rapide du joli nom latin “post hoc ergo propter hoc” – “après cela donc à cause de cela”. Exemple: Lisez la suite »

Better Tag Cloud